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Blog littéraire et poétique :

Poétise ta vie

Interview Erika Boyer

Dernière mise à jour : janv. 15



Pour la découvrir :


https://erikaboyer.com/

Erika Boyer @eb_auteur ( twitter )

erikaboyerauteure ( Instagram )




Question 1 Vous êtes autrice depuis 2016 et depuis peu, éditée chez Hugo Publishing. Que vous apporte une Maison d'édition que ne vous apporte pas l'autoédition ?


Plusieurs choses, mais la plus importante est incontestablement la présence de mes livres en librairie. Grâce à ma publication chez Hugo Publishing qui est une grosse maison d’édition présente dans de nombreux points de ventes, j’ai une meilleure visibilité et j’ai ainsi pu toucher un plus large public. Lorsqu’on est en auto-édition, il est plus difficile de se retrouver en librairie, ce n’est pas impossible, mais c’est beaucoup de travail et surtout de démarches pour lesquelles il faut pas mal de temps.


Question 2 – Vous êtes donc une autrice hybride. L'hybridation est-elle, selon vous incontournable pour vivre de ses écrits ?

Incontournable, non, je pense que certains peuvent réussir en étant juste en maison d’édition ou juste en auto-édition, mais je pense qu’être hybride reste la solution la mieux adaptée au plus grand nombre. L’auto-édition apporte des avantages que la maison d’édition ne peut fournir et inversement, avoir un pied de chaque côté permet d’avoir tous les avantages en même temps. C’est en tout cas comme ça que je le vois, j’aime énormément mon statut d’hybride qui me permet de vivre de multiples expériences et m’offre la possibilité en auto-édition d’avoir la main sur tout, et en maison d’édition, de me décharger au contraire un petit peu.


Question 3 – Pour être auteur auto-éditée, vous avez créé une entreprise : êtes-vous en micro-entreprise ou avez-vous choisi une autre forme, et, est-ce une entreprise libérale ou commerciale ? Pourquoi ce choix ?


Je suis en micro-entreprise et même si pour les impôts, je suis en libéral à cause de mon statut d’artiste, pour l’URSSAF, je suis en commercial. C’est une longue histoire datant de l’époque où le RSI existait encore… Disons que les deux n’ont jamais réussi à se mettre d’accord et que je me retrouve à déclarer mes revenus en commercial à l’URSSAF et en libéral aux impôts, à leur demande. Pour être honnête, cela m’arrange, les cotisations en commercial sont moins élevées et si je devais choisir aujourd’hui, je choisirais commercial pour cette même raison, mais au final, vous n’avez pas vraiment le choix, l’URSSAF (RSI à l’époque) fait un peu ce qu’il veut…


Question 4 – Vous avez des revenus d'auto-éditée et des revenus d'auteur éditée. Les auteurs édités en Maison d'édition relèvent du régime des artistes-auteur. Déclarez-vous vos revenus d'éditée sous ce régime ou déclarez-vous tout avec votre entreprise ?


Je déclare tout à l’URSSAF, mais ce sont deux déclarations différentes, pareil pour mes impôts. D’un côté, je déclare mes revenus d’auto-édité en commercial sous ma micro-entreprise à l’URSSAF et dans la case BNC de ma déclaration d’impôts, de l’autre je déclare (enfin, quand je pourrai enfin le faire, le site fait des siennes…) mes droits d’auteur touchés avec ma maison d’édition en tant qu’artiste-auteur à l’URSSAF et dans la case salaires pour les impôts. Ce sont deux revenus différents donc les cotisations ne sont pas les mêmes.


Question 5 – Vous avez déjà écrit une dizaine de livres. Vous écrivez très vite.

Vous carburez à quoi ? ^^ Avez-vous une routine d'écriture rigoureuse pour réussir à écrire autant en parallèle, en plus, de votre association « Les plumes indépendantes » et de vos nouvelles prestations ?

De manière générale, je suis une personne très productive et plus rapide que la moyenne. J’ai mis du temps à le réaliser, lorsque je travaillais en entreprise, je finissais mon boulot bien plus vite que mes collègues et j’avais le sentiment qu’ils traînaient la patte, j’ai fini par comprendre qu’ils n’étaient pas lents, c’était moi qui étais rapide… Cela n’a pas changé. Je suis une personne qui réfléchit, analyse et fonctionne très rapidement, il en va donc de même pour l’écriture, la relecture, la mise en page, la création de couvertures… et toutes les tâches à accomplir quand on veut publier un livre. Pour moi, c’est naturel, je suis juste constituée ainsi, mais j’ai conscience que cela peut surprendre.


Pour autant, je ne suis pas aussi productive uniquement parce que je suis rapide de base, je suis aussi une personne très organisée, très cadrée et surtout rigoureuse. J’utilise un bullet journal pour lister les tâches à accomplir, je répartis correctement ma charge de travail sur chaque jour et il est très très très rare que je n’effectue pas mon travail quotidien. Il peut m’arriver de repousser d’un jour, de prendre de l’avance ou de rattraper un peu de retard, mais c’est peu fréquent. Je respecte rigoureusement mon emploi du temps qui est préparé en amont afin d’avoir un juste équilibre entre toutes les choses que je dois faire. Je m’évite ainsi des journées entières d’écriture que je ne saurais assumer et je privilégie des mois d’écriture où je vais écrire entre 1500 et 3000 mots par jour (j’écris rarement plus de 3 heures par jour), jamais plus parce que j’ai conscience que je ne serais plus efficace au-delà. En réalité, tout repose sur ma connaissance de moi-même et sur le fait que je ne me laisse pas aller, j’évite de repousser les choses, sans pour autant me forcer, bien entendu ! Lorsque vous savez ce que vous êtes capable de faire, que vous vous organisez en conséquence et que vous respectez ensuite ce que vous avez prévu, ça fonctionne plutôt bien !


Question 6 – Comme dit précédemment, vous proposez depuis peu, des prestations aux auteurs. Pouvez-vous nous en dire plus, et pensez-vous que la multi-activité en lien avec le métier est aussi indispensable pour un auteur ?

Grâce à mon expérience en tant qu’auteur indépendant, mais également celle acquise en travaillant avec ma maison d’édition, je suis à même de répondre à pas mal de questions que les auteurs professionnels en devenir peuvent se poser. Je me les suis moi-même posées un jour d’ailleurs… Je propose ainsi des séances de coaching qui peuvent être utilisées pour poser des questions sur l’écriture, sur la partie administrative, sur les plateformes de publication… Sur tout, en fait !


À côté, je propose également mes services pour réaliser des couvertures, la mise en page d’un livre ou des outils promotionnels simples. Mais là où j’ai le plus de demandes, c’est sur mon travail de correction et d’édition. Les auteurs peuvent faire appel à moi pour relire leur manuscrit et le « nettoyer », je vais faire une première correction (qui ne vaudra jamais celle d’un correcteur professionnel, comme je l’explique sur mon site), et je vais retravailler le texte pour qu’il soit plus fluide. Cela permet d’avoir un fichier plus propre avant de l’envoyer à une maison d’édition ou de le publier, et tout comme j’apprends grâce aux retours de mon éditrice, je permets à mes clients de voir leurs lacunes, les mots qu’ils ont tendance à utiliser à outrance, les tournures pas agréables à l’oreille, les fautes qu’ils font fréquemment… L’idée n’est pas d’avoir une clientèle régulière, au contraire, je souhaite que les personnes qui font appel à moi, petit à petit, n’aient plus besoin de moi ! J’ai créé cette activité pour accompagner mes collègues et les aider, car je sais que ce n’est pas toujours facile, surtout en auto-édition, et qu’on peut être un très bon écrivain, mais ne pas savoir gérer les autres aspects du métier.


Question 7 – Comment s'organise votre temps entre l'écriture, la promotion, l'administratif, les prestations, l'échange avec votre lectorat sur les réseaux sociaux ? Votre temps est-il majoritairement consacré à l'écriture ?

Cela va peut-être vous étonner, mais non, ce n’est pas l’écriture qui prend le plus de mon temps… Si je n’avais qu’à écrire, je pourrais publier deux à trois livres par mois !

En moyenne, je travaille entre cinq et sept heures par jour, sept jours sur sept (quand je prends un jour de repos, je reporte mes heures de travail), ce qui fait entre 35 et 49 heures de travail par semaine. Mais sur ce nombre d’heures, je dirais que seulement 11 sont consacrées à l’écriture… Parfois plus, bien sûr, il m’arrive de faire le double, mais si je fais une moyenne annuelle, je crois que ça donne quelque chose comme ça.


J’accorde environ 7 heures par semaine à mon activité secondaire, plus si c’est du coaching, mais pour de la correction / édition, je ne vais pas au-delà, mes livres sont prioritaires. Le reste du temps, je le consacre à mes réseaux sociaux (une des tâches qui me prend le plus de temps, mais c’est grâce à ça que je me fais connaître et que je vends), à l’organisation de concours, de promotions, la création de box… J’utilise ce temps pour relire et corriger mes manuscrits, pour répondre à mes mails, préparer les commandes que les lecteurs et lectrices passent sur ma boutique, pour préparer des événements, pour réaliser les couvertures de mes livres, pour travailler sur mon association, pour batailler avec l’URSSAF... Il y a tellement de choses variées à faire ! Et c’est ce qui est génial quand on est auteur indépendant, j’adore le côté polyvalent de ce métier, mais je sais que ça peut être problématique pour certains, surtout ceux qui voudraient écrire et uniquement écrire.


Question 8 – Comme beaucoup d'auteurs, vous êtes présente sur les réseaux sociaux. Quels sont ceux qui marchent le mieux pour les auteurs selon vous ? Auriez-vous un conseil à donner aux auteurs pour vendre par ce biais-là ?


Très honnêtement, ça dépend de l’auteur et de son lectorat. Le mien est majoritairement féminin, mais il est surtout jeune. J’ai quelques personnes d’un âge plus avancé qui me lisent, bien sûr, mais mes lectrices ont plus souvent entre 18 et 35 ans. Cette génération utilise beaucoup Instagram, c’est donc le réseau social que je privilégie et celui où je marche le mieux. À l’inverse, Facebook qui est utilisé par un public plus mature n’est pas le plus intéressant pour moi. Quant à Twitter, il est plutôt pas mal pour certaines discussions, mais sa construction est aussi très problématique et elle est à l’origine de beaucoup de débats que je trouve négatifs, alors j’évite de trop m’y attarder. Il n’y a rien de mieux que de donner son avis sur Twitter pour se faire blacklister par toute la communauté littéraire ! (J’exagère, mais vous voyez l’idée.)


Qu’importe le réseau social que l’auteur choisit d’utiliser, il y a une chose vraie pour tous : il faut être régulier. Pour Twitter, je ne sais pas, mais pour Instagram et Facebook, il y a un algorithme particulier qui fait que si vous ne postez pas de manière régulière, vous finissez par disparaître des fils de vos abonnés. Mais même sans cet algorithme, c’est important d’être présent, de partager du contenu, de discuter avec les gens (discuter vraiment, pas juste faire de la pub forcée, les lecteurs sont des êtres humains…), c’est ainsi que les gens apprennent doucement à vous connaître et qu’ils finissent par vous lire un jour. Certaines lectrices m’ont suivi pendant un an ou deux avant de sauter le pas et d’acheter un de mes livres ! Il ne faut pas attendre des retours immédiats, c’est un travail de longue haleine. En réalité, il ne faut même pas voir ça comme une tâche, une charge, cela doit être un plaisir d’échanger avec ces personnes.

Question 9 – Ça fait 4 ans que vous publiez. Vivez-vous désormais de votre activité ? Au bout de combien de temps avez-vous commencé à percevoir de l'argent grâce à vos écrits et quels marketing et promotion avez-vous mis en place à vos débuts pour vous faire connaître ?

Je ne sais pas si je peux dire que je vis de mes écrits, je me demande toujours à partir de combien d’euros les gens considèrent que l’on peut en vivre… Quand je dis aux gens les revenus de mon foyer, ils se demandent toujours comment je m’en sors alors que j’ai l’impression de n’avoir aucun problème financier particulier : je mange à ma faim, je peux payer mes factures, j’ai de l’argent de côté, j’ai un toit sur ma tête et des vêtements sur mon dos… Est-ce que j’ai besoin de plus ? Je vis assez simplement, mon côté minimaliste, sûrement. Alors si la question est « tirez-vous un SMIC ? », ma réponse est non. Pour autant, je gagne ce qu’il faut pour vivre correctement, je suis satisfaite de ce que je touche actuellement après quatre ans de carrière.


Au tout début, je ne touchais rien du tout, le peu que je vendais repartait dans des outils promotionnels, mais dès mon deuxième roman, j’ai commencé à me faire quelques euros. Année après année, je gagne un peu plus, je vois que ça évolue. Mon objectif ? Atteindre ce SMIC à mes dix ans de carrière ha ha !


Concernant le côté marketing et promotionnel, quand j’ai débuté, j’ai organisé des concours pour me faire connaître, j’ai fait des SP (dont certains par la plateforme Livraddict qui m’ont pas mal aidée à me faire connaître) et surtout, j’ai mis mes titres au format numérique gratuits. Ça peut sembler fou, mais c’est ce qui a fait toute la différence. Les gens ont ainsi pu me découvrir sans payer, sans prendre de risques, ils ont aimé mon travail et ils ont commencé à parler de moi, à me suivre, à m’acheter… Aujourd’hui, plus aucun de mes titres n’est gratuit et je ne fais plus de SP (j’ai un comité de lecture que je renouvelle chaque année), ce n’est plus nécessaire, mais ça l’était à mes débuts et ça a vraiment bien marché.


Question 10 – Parlons un peu de vos livres…

Avant de vous laisser librement parler de vos différents romans, qu'est-ce qui vous a décidé à écrire un recueil de poèmes alors que la poésie n'est pas votre genre de prédilection ?

J’ai découvert la poésie moderne grâce à ma collègue et amie Loli Artésia, j’ai beaucoup aimé, et pour la première édition du salon de notre association, Les Plumes Indépendantes, tous les auteurs participants ont été invités à écrire quelques poèmes qui ont ensuite été accrochés à un arbre ; c’était une pluie de poésie ! J’ai bien sûr participé et j’ai découvert que j’aimais beaucoup ça. Après quoi, j’ai voulu raconter un morceau de mon histoire, mais je n’ai pas réussi à le faire sous forme de roman, c’était trop difficile pour moi, j’ai donc essayé en poésie… C’est ainsi que mon recueil est né.


Concernant mes autres livres, je ne vais pas parler de chacun d’eux, ils sont tous très différents et grâce à mon site Internet, on peut vite se faire une idée, je pense qu’il est préférable de parler de ma plume et de ce qui est commun à tous mes ouvrages : de l’émotion. J’ai un style poétique (même quand je ne fais pas de la poésie), fluide et chargé en sentiments variés. Je raconte des histoires contemporaines (sauf Jake & Noah), réalistes, dans lesquelles la diversité a une place très importante. L’amour est au cœur de mes récits, que mes livres soient des romances ou non, je voue un amour infini à l’amour sous toutes ses formes ! La passion, l’amitié, les sentiments qu’on a pour nos proches… ce sont des formes d’amour que j’aime exploiter, creuser. L’être humain est vraiment fascinant, il m’inspire au quotidien.

Ouvrir l’un de mes livres, c’est plonger dans une histoire riche en émotions, dans des morceaux de vie qui nous parlent et dans lesquels on se retrouve. C’est parfois rire, parfois pleurer, mais c’est toujours finir avec positivité et optimisme, même quand la vie se montre cruelle avec mes protagonistes.

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